Si une élection est passée inaperçue en mars 2008 c’est bien celle de l’exécutif de la Communauté de Communes du Pays de Bégard. Beaucoup de Bégarrois seraient incapables de dire qui est le nouveau président de la CdC.
Cette ignorance s’explique par la discrétion de la presse et par le fait qu’il s’agit d’une élection au suffrage indirect. Ce sont les conseillers municipaux qui élisent leurs délégués. Ce mode de scrutin fait des élus à deux vitesses. Ceux qui siègent dans les deux assemblées et qui disposent d’une vision complète des affaires du territoire. Les autres, cantonnés aux affaires communales qui leur sont soumises à temps.
A Bégard les oppositions ont rassemblé 49% des voix aux municipales. La liste « Ensemble pour Bégard » dispose d’un délégué à la CdC pendant que la majorité en a 11. Chacun appréciera le sens aigu de la démocratie de ceux qui nous gouvernent.
Le désintérêt s’explique aussi par le fait que la CdC ne prélève pas d’impôts sur les particuliers. Elle tire essentiellement ses ressources des dotations de l’Etat et de la Taxe Professionnelle Unique perçue sur les entreprises. A Bégard le taux de la taxe est de 14,74%. C’est le plus élevé de tout le secteur. A Callac on se contente de 11,85%, à La Roche de 12,3%, à Cavan de 12,78% à Belle Isle de 12 ,8%. On comprend mieux pourquoi les entreprises contournent notre territoire…
Le désintérêt actuel pourrait faire place rapidement à un intérêt soutenu. La CdC sollicite une nouvelle compétence sur les énergies renouvelables et après 13 ans de gestion communiste conduite par les présidents Bernard et Le Caer la Communauté de Communes est financièrement aux abois.
Prévoyants, les communistes ont refilé le cadeau empoisonné à la gauche modérée qui se brûle les mains avec la patate chaude Les fins de mois tournent au cauchemar. Pour résoudre la quadrature du cercle on envisage de créer une taxe additionnelle sur les particuliers. En clair cela signifie que tous ceux qui payent des impôts locaux à Bégard pourraient être amenés à mettre la main au portefeuille.
Naturellement on trouvera des responsables. La crise financière, l’inflation, le gouvernement…
En réalité la situation a exclusivement des causes locales. Les anciens présidents ont fait de mauvais choix d’investissement malgré les mises en garde de certains élus (2001, camping du Donant), mal maîtrisé les marchés passés (+ de 200 000 € de dépassement au Palacret). Aujourd’hui les citoyens risquent de trinquer…
Yvon Garrec, Jacqueline Hamon, Christine Le Bras, Olivier Martin, Philippe Saliou.
Cet article est la reprise de la tribune libre des élus municipaux de l’opposition de Bégard parue dans le N°89 du bulletin municipal au mois de décembre 2008.
